La sophro-analyse à la lumière des neurosciences

Le développement du cerveau débute dès la vie intra-utérine. Durant les premières années de l’enfance, le néocortex est en formation. Ce sont donc les cerveaux archaïque et limbique qui dominent à cette période. Le néocortex, à un an, est encore très immature. Un nourrisson dispose d’un nombre très faible de connexions neuronales, appelées « synapses ».
Une grande partie du cerveau se forme au cours des 5 premières années et se poursuit jusqu’à la fin de l’adolescence et même après.
Après la naissance, des millions de connexions se font, se défont et se refont en fonction des relations affectives, de l’apprentissage et de toutes les expériences vécues par l’enfant. Et dès qu’une connexion devient inutile, elle est éliminée et remplacée par une autre connexion plus utile et plus efficace. Ce phénomène est défini sous le terme de plasticité neuronale, ou de neuroplasticité.
C’est sur ce principe que repose l’efficacité de la sophro-analyse, partant du constat que notre cerveau a une grande capacité d’adaptation, et que nous pouvons aisément le
« reprogrammer ». Notre cerveau pourrait ainsi être qualifié de plastique ou malléable.
Cette plasticité neuronale se manifeste tout au long de la vie et est le garant de notre capacité à changer. En effet, chaque expérience vécue contribue à modifier notre cerveau.
Quand les expériences vécues sont répétées, les connexions et les circuits sont consolidés. Sous l’effet de la répétition, le circuit devient de plus en plus solide et son empreinte s’approfondit. Les expériences de l’enfance, quand elles se reproduisent régulièrement, s’impriment profondément et peuvent avoir des répercussions importantes dans la vie de l’adulte.
Ainsi, les expériences que vit l’enfant agissent profondément sur lui et peuvent modifier le développement de son cerveau. Des études ont été faites dans ce sens et démontrent l’impact de l’environnement social sur le développement du cerveau et ses nombreux effets sur la physiologie, le comportement et sur l’expression des émotions.
Le processus de plasticité cérébrale et les souvenirs
Le fait de nous rappeler de quelque chose réactive les différentes zones du cerveau concernées. Le processus de plasticité cérébrale se remet en route et permet la consolidation du souvenir.
Ainsi s’il s’agit d’un souvenir douloureux, le souvenir sera consolidé avec tout ce qu’il contient de négatif (émotions, pensées, croyances limitantes) et sera responsable de notre manière de voir les autres, le monde ou nous-même. Nous nous confirmerons alors par exemple, que "nous sommes nuls", "ne valons rien", "ne méritons pas d’être aimés", etc …
C’est ce même processus de réactivation et de plasticité cérébrale dont nous bénéficierons pour libérer les mémoires douloureuses.
Le fait de se remémorer, remet en route le processus de la plasticité cérébrale. Ce qui nous permet alors d’installer d’autres façons de voir les choses, les autres le monde ou nous-mêmes.
Lorsque dans une séance nous revivons un souvenir et que nous portons un nouveau regard sur ce qu’a vécu l’enfant ou l’embryon en nous, nous installons de nouvelles compréhensions. Et ces nouvelles compréhensions fusionnent au souvenir, créant ainsi de nouvelles connexions neuronales ou synapses, qui pourront à leur tour être renforcées.
Les anciennes connexions, devenues inutiles, disparaissent au profit de nouvelles connexions beaucoup plus aidantes et efficaces.
Imaginons qu’un bébé dans le ventre de sa mère se soit senti abandonné par elle à un moment donné de la grossesse (la maman vivait alors un deuil par exemple, et le bébé a ressenti in-utero, une coupure du lien qui l’unissait à elle), son cerveau est resté « bloqué » sur ce souvenir, lui associant le sentiment d’abandon.
L’adulte d’aujourd’hui, dont le cerveau est arrivé à maturité, est tout à fait en capacité de comprendre que ce n’était pas à proprement parler « un abandon » de la part de la maman, mais son incapacité à elle de gérer ses propres émotions. Il comprend alors que sa mère n’a jamais cessé de l’aimer mais que lui a interprété cette coupure de lien comme étant de l’abandon.
Ainsi la conscience qui avait enfoui, refoulé ce souvenir douloureux, car il l’avait associé au sentiment d’abandon et de rejet, peut le laisser sortir, le libérer, et l’intégrer à son histoire. Une nouvelle information est alors envoyée au cerveau et les ressentis et émotions, qui y étaient associés passent de désagréables à agréables. L’angoisse cède la place à la sérénité, la peur au sentiment de sécurité, et le corps enregistre ces nouvelles sensations qui elles aussi seront associées au souvenir. Ce sens nouveau donné à l’événement permet à notre psychisme de se restructurer sur des bases saines.
C’est ainsi que les croyances limitantes associées jusqu’alors au souvenir douloureux laissent la place aux nouvelles compréhensions que l’adulte a expérimentées en séance. Ces nouvelles compréhensions permettent la mise en place de nouvelles connexions neuronales qui se substituent aux anciennes, et qui se renforcent à leur tour.
Pour plus de détails, vous pouvez lire également l’article de Christine Louveau, directrice du centre Emergence Harmonique et fondatrice du principe « Votre âme aux commandes », intitulé « La neuroplasticité explique les mécanismes de libération en sophro-analyse » en cliquant sur ce lien.





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